Analyse de marché : laboratoires de biologie médicale (lbm) en france — synthèse
Les laboratoires de biologie médicale (LBM) sont des établissements chargés de l'analyse des prélèvements en vue d'établir un diagnostic médical. Avec 4 197 laboratoires de biologie médicale disséminés sur toute la France en 2024 et 47 148 salariés, le secteur possède une importance significative au sein du système de soin français.
Alors que le secteur était déjà dans une logique de croissance tendancielle grâce à des facteurs structurels (vieillissement de la population, développement de gammes de tests non conventionnés, etc.), l'explosion des tests de dépistage du Covid-19 a représenté une manne conséquente. Les performances d'exploitation des LBM ont atteint des niveaux records · 33,8 % en 2021 · avant de se replier. L'ordonnance de 2010, qui levait l'obligation d'implantation des laboratoires sur un seul site, a permis la concentration rapide du secteur.
En 2024, les six plus grands groupes de biologie privés (Biogroup, Cerba Healthcare, Inovie, Synlab, Unilabs, Eurofins Scientific) concentraient plus de 60 % des sites français, soutenus par de grands fonds d'investissement. Les liquidités engrangées depuis 2020 ont alimenté une frénésie de rachats. Entre 2010 et 2023, le groupe Inovie a vu son chiffre d'affaires passer de 50 à 900 millions d'euros. La remontée des taux d'intérêt a toutefois dégradé les conditions de financement du M&A, et certains fonds cherchent à se désengager : en janvier 2024, Ardian a réitéré son intention de céder tout ou partie de sa participation dans Inovie.
L'Assurance Maladie a mis en place une réduction significative de ses dépenses, avec un durcissement des conditions et des tarifs de remboursement, générant un conflit social avec les LBM en 2024. En parallèle, la décrue de l'épidémie a résorbé la demande. En avril 2025, la base de remboursement des montants remboursés en biologie médicale s'élevait à 399,1 millions d'euros, loin du pic de mars 2021 (729,8 millions d'euros).
Enfin, les innovations technologiques participent à la mutation de l'activité : nouveaux biomarqueurs, nouveaux tests, biologie moléculaire. Les LBM ont accéléré leur digitalisation (dématérialisation des résultats, base de données SI-DEP, rendez-vous en ligne) et investi dans l'optimisation de leurs plateaux techniques. On constate une volonté de plus grande maîtrise de la chaîne de valeur, de la collecte des prélèvements au stockage des résultats.
Dernière mise à jour : Juin 2026.